AU VAUDEVILLE... |
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| En tenue décontracté
je me baladais. Passant à proximité de la bourse, du papier
de verre dans la gorge mon regard tomba sur deux troquets…un truc
lugubre qu’on savait même pas si c’était ouvert
ou fermé, et puis à côté, le Vaudeville. C’est
pas vraiment ce que j’espérais mais bon…arrivé
au comptoir y’avait pas foule. A la droite du comptoir se tenaient trois employés salariés exploités en pleine promenade syndicale au volant de leur binouse. Sur la gauche, deux encravatés qui carburaient au café . Derrière, attablée, une femme d’un certain âge discutait météo avec un bonhomme autour de deux ballons. Face à moi, le zinc désert m’appelle. Je jette l’ancre. Le garçon qui se tournait les pouces m’ignora tandis que je lançais un bonjour timide. Pas de cravate, il attendra dut-il se dire. Il attendra jusqu’au moment où il en aura marre et prendra ses clics sans une claque avec escampette ! Je l’ai senti tout de suite dans son regard. Patiemment je l’ai laissé penser qu’il se foutait bien de ma trogne tandis qu’en cachette je rivais mes pompes au plancher bien décidé à me réhydrater. J’étais pas venu pour faire de la figuration. Le zinc était dégueulasse !!! Face à la bourse le garçon était même pas capable, un vrai manchot, de passer un subtil, efficace et hygiénique coup d’éponge afin d’ôter les résidus de croissants avalés à la va vite sans aucun doute par des cols blancs…Sans rien dire, comme le distributeur de serviettes en papier était à portée de mains, j’en ai pris trois en main et d’un geste désinvolte et outré à la fois j’ai balayé les miettes. Ensuite j’ai jeté à nouveau un œil vers le garçon afin d’attirer son attention sur mon attente toute relative au comptoir. Il passa une fois devant moi, deux fois pour retourner bien consciencieusement dans le virage de son paquebot, à bonne distance. Visiblement il était pas décidé à me demander ce que je voulais consommer. J’avais presque envie de prendre ça pour une déclaration de guerre ou plutôt une none assistance à personne en danger. Intérieurement un peu remonté je conservais mon calme et m’aidant d’un petit signe de la main l’interpellais. Ça a presque eu l’air de l’étonner voire de le déranger, de le géner dans son inactivité injustifiée et non productive puisque j’étais là au comptoir à attendre. Il daigna s’approcher pour s’informer d’un air surpris. Hein quoi c’est à moi que vous vous adressez, qu’est-ce que vous voulez ? Son front bien dégarni offrait la place d’écrire un roman. Bref, je voulais un double jack, et visiblement en magasin il y avait
qu’une bouteille de Aberlour pendu tête en bas. Alors je lui
ai demandé…J’ai soif, vous avez du Jack daniel’s
? Non qu’il me répondit un peu stressé. Alors j’enchaînai,
c’est tout ce que vous avez à me proposer en lui désignant
la bouteille à l’agonie. Il se mit à chercher avec
la tremblotante dans les bouteilles dispersées en vrac sur un plan
de travail. Il me demanda si je voulais un bourbon, en faisant apparaître
une bouteille de Wild Turkey. D’accord, ça ira très
bien ! que je lui répondis. Il est retourné dans son virage,
à bonne distance de moi, pour me servir un double auquel il ajouta
un glaçon comme j’avais manifesté mon envie qu’il
soit frais. Je comprenais pas trop son comportement. Pourquoi n’avait-il
pas posé le verre sur le comptoir face à moi et servi la
dose ?! Bref il m’avait servi un truc qui ressemblait franchement
à un 1,75 wild turkey plutôt qu’à un double
!! |
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