Trash TV
Ne me parlez pas de cette nouvelle émission sur la première chaine de télévision française. Le truc comme loft story façon Robinson Crusoé qui se passe sur une île . Je me suis fais lourder dès le premier tour. Y’a pas de cadeau là-bas. C’est un peu marche ou crève mais en plus sympa malgré tout car la production vous paye le retour en charter. Et ouais ! Deux jours j’y ai passé sur leur île. Y zont tous été intraitables avec moi.

Pour nous occuper, la production ne qui voulait pas que l’on sieste à longueur de journée nous a concocté des petites réjouissances. Il faut penser à l’audimat ! Il n’y a que l’audimat qui soit juge de la qualité d’un programme ! Qu’est-ce que j’ai pu les entendre ces phrases lors des breifings-débreifings avant le départ pour leur île. Enfin, si je me souviens bien je crois que je n’ai pas été le seul dans le groupe à leur avoir répondu oui ! Mais bon bref, passons voulez-vous ! Lorsque l’on a prit l’avion à Roissy les équipes n’étaient pas encore décidées. C'est seulement sur place qu'elles ont été formées et la production les a baptisées par des sobriquets que personne n’arrive à retenir mise à part la couleur du fanion, les bleus et les rouges.

Ce soir, Palavas-Les-Flots rencontre Tahiti sur la plage de Waïkiki, mais non voyons, ne zappez pas vous êtes bien sur la Une et il ne s’agit pas d’intervilles mais plutôt d’une version du maillon faible « live ». Cette fois-ci on y était…Et moi j’aurais bien voulu y rester un peu plus longtemps, au moins échapper au premier délestage, mais non, j’ai rien pu faire.

Le premier jour, en guise d’acclimatation tropicale, il nous a fallu ingurgité je sais pas combien de gros et répugnants vers à moitié piquants. D’un côté, faut avouer que je suis pas mécontent d’avoir été éliminé aussi tôt…Beurk ! Beurk ! Je crois que je vais pas m’en remettre ! On a beau s’attendre au pire, lorsqu’il arrive vraiment, c’est traumatisant ! Mais bon, ce n’était pas encore la compétition…Heureusement d’ailleurs sinon je serais partie un jour plus tôt ! J’ai même pas fini le premier ver et je crois bien être le seul des deux équipes. Au fait, moi je me suis retrouvé dans l’équipe rouge.

Vu que ce n’était pas une obligation d’en manger j’ai joué la fine bouche. Je voulais pas que les autres en manque car y’en avait pas tant que ça dans le panier. J’ai bien fait de me faire éliminer rapidement parce que quand la production nous a annoncé que l’île regorgait de ces bestioles et qu’elles allaient consister pendant tout notre séjour à l’essentiel de nos ressources alimentaires…Je me souviens d’être devenu tout pâle...Quoi le boulanger ne va pas passer tout les matins ?!! Oh, y’avait pas que des vers, non, bien sur, on pouvait également chasser le rat et l’accompagner avec des champignons sans saveur pour ne pas dire insipidement dégueulasses mais quand même comestibles d'après la production. Je sais pas si j’avais envie de leur faire confiance.

Cette émission commençait à tourner au cauchemard. Ce T-shirt rouge un peu exigu m’étouffait. C’est pour faire apparaître votre musculature, c'est bon pour l'audimat. Tu parles ! Enfin pour ce que j'avais à exiber...Faut pas être difficile !

Même pas de duvet, tu te démmerdes avec les moyens du bord ! Même en Guyane, au bagne, ça devait pas être aussi dur ! Quand je pense que j’en ai un, dans un coin de la cave, en duvet de canard, trapézoïdale, spécial tempête en Sibérie…Non ! Non ! Y zont pas le droit de nous faire ça ! Même si on est volontaire !

La seule nuit passée sur place fut un véritable enfer ! Je sais pas trop comment les autres se sont organisés pour pioncer tellement j'ai eu du mal à m'arranger une couche décente ! Pour l'esprit d'équipe, on verra demain, pendant la compétition ! Emmitouflé dans des immenses feuilles de palétuviers locaux, je me suis fais dévorer par des milliards de trucs. Des volants, des rempants, des sautants…J’ai pas fermé l’œil de la nuit !

Alors tu parles que j’étais frais et dispo pour attaquer dans le vif du sujet. Le but de notre voyage, aventure, émission, real-life show, appelez ça comme vous voudrez maintenant que je n’y suis plus je m’en fous pas mal !! Enfin, ouais, le deuxième jour, la compétition débuta et avec elle, les éliminations. Pour nous mettre en jambe la production nous avait réservé une bonne journée de sieste et de jet ski qui n’a bien sur pas été diffusée. On a juste été filmé pendant une petite heure, deux équipes ça fait deux heures, sans les rushs tu arrives à un programme formaté pour soixante-dix minutes avec, au choix, une grosse coupure pub en plein milieu, ou alors, deux moyennes à chaque tiers…Mais ça, c’est les oignons de la production. C’est des malins !

Pendant cette heure on a déposé les jeux de cartes et passé nos maillot d’équipe pour se livrer un duel sur pilotis. Chaque équipe disposait d'une planchette de 2 mètres carré sur pilotis à une vingtaine de mètres de la plage…La première équipe qui se réunira dessus aura gagné. On s’est tous regardé, l’air perplexe, est-ce que tu as bien compris ce que je viens d’entendre ?! Et dire que l’on se faisait des kilomètres de bobine en cinémascope sur cette émission, ouais ça va être un peu comme le raid gauloise et le camel trophy…ben que dalle ouais…Intervilles sous les cocotiers, ni plus ni moins avec un zeste de maillon faible.

Et dire qu'on a réussi à paumer sur un truc aussi naze. Et c’est moi qui est déconné ! Je m’en suis voulu d’avoir été ce foutu maillon faible, puisque c’est de ça qu’il s’agit ! Les bleus ont gagné alors qu’il ne restait plus que moi et mon satané pied gauche à ne pas être encore sur la plate forme ! Le jugement ne s’est pas fait attendre. A peine ai-je eu le temps de rejoindre la plage que le directeur des ressources humaines de mon équipe m’apprenait sous pli confidentiel qu’ils allaient devoir se séparer de mes services ! Aïe ! Ben, ouais ! J’aime pas trop les vers et et les rats, ok, je suis pas habile de mes membres, certes, mais y’a pas que ça qui compte quand même, ou alors, il aurait fallu me prévenir avant le départ de Roissy, j’aurais eu l’air moins nigaud !

J’ai eu beau tenter de leur dire que les voix de la sagesse préféraient éliminer Serge mais rien n’y fit. Même la pauvre excuse de dernière minute prétendant que si j’avais pas pu plier mon genou suffisamment vite sur la plate forme c’est parce qu’il était défaillant… ! Nan ! Ca a pas marché non plus. Résigné, j’ai été contraint de les abandonner en plein milieu de l’océan…Est-ce que vous vous rendez compte un peu, le poids moral que je suis en train de supporter !! Non, j’en ai pas l’impression.

Et le pire dans tout cela c’est que j’avais vraiment mal à mon genou gauche. C’était pas du chiqué. Je sais pas ce que je me suis fais, mais je me souviens que ça a commencé pile au moment ou je me suis ramassé la gueule sur le marche-pieds en descendant de l’avion, à notre arrivée quoi ! J’avais rien dit et comme personne n’avait remarqué mon vieux gadin j’ai tenté le coup. Mais on m’a repéré plus vite que je ne l’avais imaginé. Pas de bol là-dessus ! Mais bon c’est du passé tout ça maintenant. Je me suis arrangé avec la production et demain je vais consulter un orthopédiste, me mettre au régime lombric et l’année prochaine j’y retourne pour la deuxième saison !!

     
 
               
                         
                       
                       
 
         
         
     
     
     
       
       
   
       
       
       
         
       
     
           
           
       
         
           
   
 
         
 
     
 
 
 
   
   
       
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